Photo Dominique Blanchard est décédé subitement le 12 février 2012. La communauté mathématique, ses collègues et ses amis sont bouleversés.

Rigueur, précision et clarté éclairaient sa pratique des mathématiques. Conviction et tolérance animaient ses idées, bonne humeur et humour son rapport aux autres.

Il débute sa carrière par une thèse de troisième cycle soutenue en 1981 portant sur la justification de modèles de plaques en élasticité linéaire et non linéaire. L'environnement de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées le conduit à travailler sur d'autres sujets liés à la mécanique : transition de phase, milieu poreux, visco-élasticité.

Devenu chercheur au Laboratoire Central des Ponts et Chaussées, Dominique soutient sa thèse d'Etat en 1986. Son travail porte sur l'étude de problèmes d'évolution en mécanique des milieux dissipatifs. Il est nommé professeur à l'Université de Rouen en 1990 et est à l'origine de la thématique "Analyse Complexe et Equations aux Dérivées Partielles" au sein de l'URA CNRS 1378 (aujourd'hui devenue Laboratoire de Mathématique Raphaël Salem).

Alors qu'il travaille sur les modèles de transition de phase dans les milieux poreux et sur des modèles de matériaux à mémoire de forme, il commence à étudier à la fin des années 80 les solutions renormalisées pour les problèmes paraboliques, sujet très nouveau. Il développe avec F. Murat les méthodes qui permettent de traiter de façon satisfaisante les problèmes paraboliques non linéaires à données seulement intégrables. Plusieurs thèses dans ce domaine seront soutenues à Rouen (H. Redwane, O. Guibé, M. Ben Cheikh, A. Attaoui et N. Bruyère). Durant une vingtaine d'années, les contributions de Dominique, seul et avec ses collaborateurs, notamment H. Redwane et A. Porretta, se révèlent essentielles à la compréhension des problèmes paraboliques à données peu régulières.

Dans les années 2000 il s'intéresse, avec A. Gaudiello et G. Griso, à des techniques de décomposition de champ, spécialement dans le cadre de l'élasticité des domaines minces (poutre, plaque, coque). Les méthodes qu'il emploie demandent une grande habileté de calcul et, comme toujours dans les travaux de Dominique, mêlent aspects mathématiques et mécaniques. Les applications en sont par exemple la résolution de questions d'homogénéisation de frontière oscillante ainsi que des problèmes de jonction entre domaines minces et domaines tridimensionnels. Récemment Dominique aborde avec G. Griso une étude de modèles de coques minces en grandes déformations.

Dominique aura laissé son empreinte personnelle et scientifique sur notre laboratoire et nous ressentons douloureusement son absence. Nous adressons nos condoléances à sa famille. Nous pensons très fort à ses enfants.